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Les longs discours de B en disent moins long que la détresse qui se lit dans ses yeux torves. Trempés de dunia. Ou de slivovitz. On souhaiterait oublier. Mais on pleure. Parce que ces murs suintent. La peur. De l’affront d’un nouveau diktat. Obscurantiste. Qu’une hégémonie doctrinaire anéantira. Une nouvelle fois. Bientôt. On s’y fait. Comme toujours. Mais on pleure. Toujours. On se rappelle peut-être. Un homme unidimensionnel. Ou pas. Parce que ces rues narrent. Le trouble. Grisaille dégrisée ou déguisée. D’un passé glorieux. Si peu glorieux. A la fois. Passés par le temps. Et son abandon momentané. L’oubli. L’oubli en vertu. Vertu que même Friedrich N oubliât. Alors on pleure. Parce que le temps est déjà compté. Dès à présent. Et que le passé compte encore. Inexorablement. Dans une kafana authentique. Que les touristes envahiront un jour. Ou l’autre. Les longs discours de A en disent moins long qu’un laconique fuck EU. Taggé à la hâte. Sur l’un de ces murs moribonds de la capitale serbe. A l’agonie. Ou pas. Puisque ces façades sont déjà mortes. Abattues. Ou désolées. Superstructure d’une frénésie chancelante. Que l’on ne nomme même plus. Vraiment. Et la détresse se lit toujours dans les yeux de B. Et A parle toujours trop. En désœuvrés. Et puis, ces images ne les émeuvent plus. Ou trop. Eux qui ne souhaitaient rien voir d’autre que de voir venir le changement. Pour nous qui ne voyons plus. De loin en loin. Et pourtant. Un sentiment d’abandon subsiste. Depuis le début. Comme sur le quai d’une d’une gare. Jusqu’à la fin. L’attente lancinante qui plonge dans l’effroi de l’absence. Même l’homonyme Martin H. Le scélérat. L’ingrat. Le temps qui se fait indiciblement long. Le discours également. Car le transit se digère mal. Et Belgrade devient vite indigeste. Trop vite. Inévitablement. Il aura bien fallu faire. Quelque chose. Imaginer. Quelque chose. A défaut. D’autre chose.

Format d’origine : 135