Ostende(+51°14'06.60"/+2°55'01.73") - 2011 - C-print marouflé sur dibond - 80x120

Système B-O-C

S’il y eut un jour quelque chose de pourri au royaume du Danemark, il ne demeure pas moins quelque chose d’absurde au royaume de Belgique. Car, par-delà sa grandeur décadente et sa petitesse exubérante, ce pays plat parmi les plus petits, les plus densément peuplés et les plus démesurément illuminés, abrite depuis toujours en son antre le monstre existentiel d’une question identitaire sans réelle réponse. Qu’est-ce qui définit le fait d’être belge sinon celui de ne pas être danois ?

L’idée d’un surréalisme, en somme. La belgitude et toute la contradiction nécessaire que ce terme flou recèle et rend encore plus vague.

C’est, du reste, de ce terrain vague que ce travail tente de dresser le portrait paysager. Avec l’humour, la tristesse, l’humilité grandiloquente ainsi que la dérision qu’inspirent à la fois le mot belgitude. Aussi, dans la mouvance kierkegaardienne d’une ironie dramatique, une mise en scène de l’absurde existentiel, d’une étrange quotidienneté tout comme d’une dérision normalisée d’un bien-être dérisoire se profile au fil des images. Tant à Bruxelles, qu’à Ostende ou Charleroi, les vues frontales de cette série se suivent et se répondent pour tenter de dégager dialectiquement une vision imagée de ce que la belgitude peut bien signifier dans l’inconscient collectif qu’explore ici le photographe dans toute l’individualité solitaire qui le caractérise et que fait peser son unique certitude, la seule chose dont il puisse être sûr, à savoir, le fait de ne pas être Shakespeare.

Format d’origine : 135